20 ans d’engagement

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A San Francisco, lors d’une étape du programme des visiteurs internationnaux des Etats-Unis

Je suis né à Bordeaux d’un père d’origine algérienne et d’une mère bordelaise. J’y ai fait toute ma scolarité, et j’y ai exercé ma profession de kinésithérapeute pendant 13 ans. C’est un métier où l’on est proche des gens, à leur écoute. Un métier où le réconfort moral est presque aussi important que le soin physique. En parallèle, j’ai enseigné pendant 10 ans à l’école de kinésithérapie du CHU, car transmettre est pour moi essentiel.

J’ai toujours été sensible aux injustices et aux inégalités, notamment dans l’accès aux soins. C’est pourquoi j’ai fondé en 2003 le « réseau bronchiolite » qui permet de soigner les nourrissons le week-end grâce à des kinésithérapeutes de garde. Aujourd’hui, c’est un réseau de santé régional qui regroupe 1 500 professionnels de santé et 10 hôpitaux, et dont les missions se sont considérablement élargies.

Placé en tête des suffrages par les kinésithérapeutes girondins, je suis devenu président de notre Ordre professionnel en 2011. J’ai quitté cette fonction après les élections municipales de 2014.

Mon engagement politique et social est ancien : dès l’âge de 20 ans, j’ai fondé le premier centre LGBT de Bordeaux pour lutter contre les homophobies. 10 ans plus tard, j’ai adhéré au MoDem de François Bayrou, avec l’idée d’un  rassemblement autour d’une majorité d’idée pour sortir des vielles oppositions idéologiques stériles qui bloquent notre pays.

Lorsqu’Alain Juppé a fait appel à moi au départ, c’était pour travailler sur la lutte contre les discriminations. La délégation qu’il m’a confiée comme adjoint au maire recouvre cette question, mais également les cultes et la lutte contre la radicalisation.

En trois ans à ses côtés, beaucoup de chantiers ont été lancés. La Quinzaine de l’égalité, de la diversité et de la citoyenneté sera à sa 4ème éditions en novembre, avec un budget de plus de 60 000 euros pour des dizaines de projets en faveur du vivre-ensemble proposés par les associations et acteurs culturels. Un ambitieux plan de lutte contre les discriminations sera voté par le Conseil municipal au mois de juin. Et de nombreuses actions portent sur la laïcité, l’égalité femmes-hommes, le dialogue inter-religieux ou encore la mémoire de l’esclavage et de la traite négrière.

Mais le chantier le plus difficile est certainement celui de la lutte contre la radicalisation et le terrorisme. Suite aux attentats de janvier 2015, nous avons mis en place, avec plusieurs partenaires, le premier centre en France entièrement dédié à la prévention de ce phénomène : le CAPRI. J’en assure les fonctions de secrétaire général et de porte-parole. Financé essentiellement par la Préfecture de la Gironde, le centre prend en charge  des jeunes radicalisés orientés le plus souvent par les services de police. Il s’agit d’un travail pluridisciplinaire de longue haleine, complémentaire de l’action des forces de sécurité. J’ai été amené à présenter ce projet novateur dans de nombreux pays. Le ministre de l’intérieur lui-même nous a rendu visite au mois de janvier.

Tout juste âgé de 40 ans, je crois pouvoir résumer mon parcours en 3 principes. D’abord l’égalité: je n’accepte pas les inégalités sociales et les discriminations. Chacun doit avoir sa chance dans notre société, sans distinction. Ensuite l’engagement : à chaque fois que j’ai été confronté à une injustice, ou à un dysfonctionnement de notre société, je me suis engagé pour tenter de le résoudre. Je ne peux pas rester spectateur : j’agis. Enfin, l’innovation : notre société change, le monde évolue. De nouveaux défis se présentent à nous, face auxquels ils faut apporter des réponses nouvelles. Innover, c’est penser aujourd’hui les réponses de demain, et voir le futur avec optimisme.